Pour ta santé ?
Il était confortablement installé dans son fauteuil, un verre à la main. Il avait l’air satisfait de quelqu’un qui profite pleinement de son moment de détente. La journée semblait terminée, les soucis rangés pour la nuit et la conversation suivait tranquillement son cours.
Lorsque le sujet du Shiatsu est arrivé sur la table, sa réaction a été immédiate :
— Non mais, tu ne vas quand même pas dépenser du pognon pour ta santé !
J’avoue que cette phrase me fait toujours sourire.
Non pas parce qu’elle serait absurde. Au contraire. Elle reflète une façon de penser extrêmement répandue. Nous vivons dans une société où il paraît parfaitement normal de dépenser pour se faire plaisir, se divertir ou se récompenser après une semaine chargée.
Un bon repas au restaurant ? Pourquoi pas.
Une sortie au cinéma ? Bien sûr.
Un abonnement que l’on utilisera finalement deux fois dans l’année ? Cela arrive plus souvent qu’on ne le croit.
Un achat coup de cœur aperçu sur Internet ? Beaucoup d’entre nous ont déjà cédé à la tentation.
Rien de tout cela ne choque personne.
D’ailleurs, ces dépenses sont rarement remises en question. Elles font partie de la vie. Elles nous apportent du plaisir, du confort ou simplement une parenthèse dans des journées généralement bien remplies.
Personne ne s’étonne lorsqu’un ami nous annonce qu’il s’est offert un bon repas, un week-end ou un nouvel équipement pour son loisir préféré. Nous comprenons parfaitement sa démarche.
Après tout, chacun a besoin de souffler, de se faire plaisir ou de se récompenser de temps en temps.
Et lorsqu’il s’agit de notre santé ?
Pourtant, lorsque la conversation se tourne vers le bien-être ou la prévention, quelque chose change. Les mêmes personnes qui sortent leur carte bancaire sans hésiter pour un loisir ou un plaisir immédiat se mettent soudain à calculer, comparer et repousser leur décision.
Comme si prendre soin de soi relevait du luxe.
Comme si la santé allait de soi.
Comme si notre corps pouvait continuer à nous suivre au même rythme, sans que cela ait de conséquences.
Notre corps s’adapte… jusqu’à un certain point
Ce corps qui nous accompagne partout. Qui supporte les longues journées de travail, les postures répétitives, le stress, les nuits trop courtes et les périodes où nous lui demandons toujours plus.
La plupart du temps, il ne se plaint même pas. Il s’adapte. Il continue d’avancer.
Mais peu à peu, la nuque se raidit. Les épaules sont constamment tendues. Le sommeil est entrecoupé de réveils nocturnes et la fatigue s’installe.
Ces signaux sont souvent ceux que j’observe lors des séances de Shiatsu
Le plus étonnant, c’est que même lorsque le corps commence à envoyer des signaux, nous trouvons souvent le moyen de les contourner.
Un comprimé pour tenir. Un café de plus. Une bonne raison de repousser encore un peu le moment de ralentir.
Et si la vraie question était ailleurs ?
La question n’est donc pas :
« Qu’est-ce que cela coûte concrètement ? »
La vraie question est peut-être ailleurs.
Pourquoi certaines dépenses nous paraissent-elles évidentes…
Alors que d’autres nous font hésiter ?
Et si c’était finalement une question de priorités ?
Poursuivre la réflexion : Une question de priorités